L’immobilier à l’heure numérique

Lorsqu’un projet d’achat immobilier voit le jour, le réflexe prédominant pour les particuliers devient aujourd’hui d’aller sur internet faire un tour des offres disponibles. Pendant longtemps, les agences immobilières ont tenu le haut du pavé et capté l’attention de ceux qui cherchaient des informations sur internet. Mais l’entrée des notaires sur la scène numérique est indéniable, et elle représente une bonne nouvelle pour les acquéreurs, puisqu’elle leur permet d’économiser les frais d’agence. Le développement de sites internet par les études, les groupements d’études et les institutions territoriales est une étape indispensable dans cette évolution, et cette tendance gagne et gagnera à être accompagnée de l’ensemble des possibilités offertes par les technologies numériques : logiciels d’aide 100 % « technologie internet », matériel nomade, ainsi qu’un usage optimal des sites intermédiaires et de la Vente Interactive Numérique.

Les logiciels d’aide à la vente immobilière

Il y a plusieurs bonnes raisons pour utiliser un logiciel d’aide à la vente immobilière. D’abord, les options les plus fondamentales, qui sont aussi les plus demandées : faciliter la saisie des fiches acquéreur et propriétaire et le rapprochement entre biens et prospects. Comme l’explique un notaire deux mois après l’achat d’un logiciel par son étude : « la mise en route est un peu longue, parce qu’au début il faut rentrer tous les biens, les acquéreurs, les vendeurs, mais aujourd’hui, je gagne énormément de temps, car les rapprochements se font de façon automatique. C’est simple, sûr, et très rapide ».
De plus, les logiciels sont désormais capables d’offrir de nombreuses autres options qui facilitent la réalisation de ventes immobilières :
- génération automatique des mandats ;
- envoi sans resaisie des annonces vers les sites et les journaux ;
- gestion de l’agenda de visite et des diagnostics obligatoires ;
- relances des courriers papier et électronique pour les acquéreurs et les vendeurs (échéances légales, ainsi qu’en cas de baisse des prix) ;
- réalisation d’un album photos et d’une visite virtuelle pour la mise en ligne ;
- réalisation d’affichettes vitrine, de publicités pour les journaux ainsi que d’un diaporama pour votre salle d’attente.
Des éléments plus techniques sont également déclinés par certains logiciels : fiche de prétaxe, fiche de vente immobilière, bilan financier d’une vente immobilière, réalisation d’une matrice pour un programme de VEFA (vente en l’état futur d’achèvement), calcul d’une plus-value à origines multiples,...

Autre atout, les logiciels sont désormais de plus en plus 100% « technologie Internet », ce qui signifie qu’il ne s’agit plus de logiciels à installer sur tous les ordinateurs de l’étude, mais de sites internet, accessibles avec un identifiant et un mot de passe. Cela permet : une réduction des coûts d’exploitation, une facilité de déploiement et de mise à jour, un accès depuis n’importe quel ordinateur (même depuis son domicile), et un stockage des informations au niveau du serveur avec des sauvegardes quotidiennes par le prestataire.

De manière intéressante pour l’avenir de la profession, certains logiciels proposent de travailler au niveau du groupement d’études, avec une mise en commun des portefeuilles d’annonces pour un travail collaboratif : lors d’une recherche par un notaire, l’outil propose alors tous les biens du groupement qui correspondent aux critères de recherche.

Le numérique se décline en mode nomade

Le notariat est aussi un travail de terrain : visiter des propriétés, rencontrer des clients, s’informer sur les projets d’urbanisme. Fort des récentes évolutions technologiques, le matériel peut désormais s’adapter à cette réalité. Les avantages sont immédiats : les photos et les informations prises sur place sont intégrées à la fiche dès la visite de terrain, et ce même sans connexion internet, avec synchronisation automatique entre le matériel nomade et les ordinateurs de bureau lors du retour à l’étude. De la même manière, lorsqu’un client n’est pas satisfait au sortir d’une visite, vous pouvez désormais lui montrer facilement les versions les plus à jour de vos annonces avec photos et informations détaillées. La présence d’un agenda numérique permet également une prise de rendez-vous pour une éventuelle autre visite. Les plus complets de ces outils intègrent encore d’autres options intéressantes : la prise de mandat immédiate informatisée ; la possibilité de générer une offre d’achat, qui pourra également être validée, ainsi qu’un bon de visite, qui sera adressé à la boîte mail de votre client.

La communication numérique de l’étude

Aujourd’hui, les plus astucieux des dispositifs numériques combinent l’usage de logiciels avec la présence de l’étude et de ses offres immobilières sur internet. La 62ème assemblée de Liaison des Notaires de France s’est d’ailleurs enflammée pour le programme « 10000 notaires communiquants ». En effet, un site internet spécifique pour l’étude dispose de nombreuses modalités séduisantes pour emporter l’enthousiasme des acquéreurs ou des vendeurs : photos et descriptions illimitées, localisation du bien sur Google Maps, outils d’aide à la décision tels que le calcul du capital empruntable et des mensualités, ou encore un formulaire d’estimation du bien à destination des vendeurs.
Il existe néanmoins des conditions précises pour la mise en place d’une telle communication numérique. Pour la création d’un site internet, il faut recevoir une autorisation préalable du président de chambre, ainsi que respecter la Charte graphique et le Code de déontologie pour l’utilisation d’Internet. En vue d’inciter les notaires à se lancer dans l’aventure malgré cet encadrement rigoureux, l’Association de Développement des Services Numériques (ADSN) a d’ailleurs lancé une plate-forme de Présentation Internet des Services et Moyens de l’étude (PRISM), qui permet de normaliser les projets de sites web notariaux.
Toutefois, tout en demeurant à l’intérieur de ce cadre, il est possible de réussir plus ou moins bien son entrée dans le monde numérique. Visibilité, lisibilité, facilité de compréhension et référencement sur les moteurs de recherche sont autant de critères essentiels. Les prestataires en design de sites web pour notaires ont donc désormais des offres très précises qui incluent : audit et stratégie de positionnement ; création d’une charte graphique originale et respectueuse de l’identité de l’étude ; création de logos ; rédaction du contenu juridique par des juristes ; dépôt du nom de domaine et contrôle des obligations déontologiques ; hébergement et référencement professionnel. Ce dernier est en effet primordial puisque, dans 85 % des cas, la première démarche du futur acquéreur est de recourir à un moteur de recherche. Le positionnement du site de l’étude, lorsque est faite une recherche concernant son territoire, est donc la clé pour la réussite d’une stratégie numérique, et il est rentable de faire appel à un prestataire qui actualisera régulièrement le référencement du site internet.
La version mobile dudit site peut s’avérer également très utile : adaptées à un affichage sur téléphonie mobile et à la navigation tactile, les versions mobiles des sites internet représentent jusqu’à 20 % des consultations totales.
Il existe bien sûr d’autres types de médias numériques, comme les réseaux sociaux Facebook ou Twitter. Cependant, dans la mesure où toute « intervention publique » doit faire l’objet d’une information préalable auprès du président de la chambre, et que toute « publicité personnelle » est proscrite, il est actuellement difficile à un notaire de se servir de ces supports pour son activité immobilière.

Les sites internet collectifs

A un niveau collectif, il est plus facile aux notaires de se saisir de l’ensemble des outils numériques. Il s’agit alors le plus souvent d’informer sur les services et activités de la profession, ou sur une activité particulière. Les notaires « experts en immobilier » ont ainsi leurs propres comptes Facebook et Twitter, ainsi qu’une application smartphone. Et de plus en plus de chambres départementales proposent des annonces immobilieres dès leur page d’accueil. De son côté, la plate-forme des cinq Chambres de Notaires franciliennes offre par exemple de nombreux outils pratiques pour valoriser le service du notariat en immobilier :
- des cartes interactives des prix de l’immobilier régional actualisées chaque trimestre ;
- l’évolution des prix régionaux depuis 20 ans ;
- un calculateur de frais d’acquisition et de frais de levée d’hypothèque ;
- un « Immo Notaire Argus », pour comparer les prix avant de prendre sa décision ;
- un annuaire des Notaires de toute l’Ile-de-France ;
- des tchats thématiques ;
- des publications web et papier régulières ;
- un agenda des rendez-vous locaux et nationaux (conférences, salons, consultations gratuites…) ;
- un service de questions / réponses en ligne.

Les sites extérieurs

Le recours aux sites internets extérieurs est devenu évidemment indispensable. Le nombre de visites mensuelles sur les sites proposant des annonces immobilières sont extrêmement élevées : 250 000 000 sur Le Bon Coin, 15 000 000 pour Seloger (seul site du trio de tête qui soit essentiellement consacré à l’immobilier), près de 12 500 000 pour ParuVendu. Parmi les autres sites en vue de ce sondage Immomatin/Ubiflow de mai 2013, on remarque la présence d’un site à vocation régionale avec la publication en ligne de Ouest France (1 700 000 visites mensuelles), et de sites avec un créneau haut-de-gamme : Green Acres et Lux-Residence (autour de 250 000 visites chacun). Ces sites montrent toutefois leur limite pour les recherches locales sur moteur classique : taper « immobilier + le nom d’une ville » donne des résultats surprenants, marqués par une très faible visibilité des annonces présentes sur certains sites pourtant très fréquentés, comme par exemple Le Bon Coin.
Pour faciliter le recours à ces sites extérieurs, qui peuvent parfois devenir chronophages, un certain nombre de prestataires, ainsi que certains logiciels de négociation immobilière, proposent de prendre en charge la mise en ligne des annonces pour les nouvelles offres de l’étude.

La Vente Notariale Interactive

La Vente Notariale Interactive (VNI) est une vente aux enchères sur internet qui vise à réaliser une transaction immobilière en 45 jours au prix le plus juste par la confrontation de l’offre et de la demande. Les différentes étapes en sont :
1) Le notaire estime le bien et prépare les conditions de la vente. Le vendeur accorde un mandat exclusif pour une durée de 6 à 8 semaines maximum.

2) Toutes les informations nécessaires sont mises en ligne sur le site immobilier.notaires.fr : photos, descriptif, 1ère offre possible, dates et horaires des visites et de la vente, diagnostics, documents d’urbanisme, plans, note de synthèse de l’immeuble. Le bien bénéficie ensuite de la publicité la plus large possible.

3) Lors des visites, les acquéreurs potentiels signent une demande d’agrément, et vont ensuite s’inscrire en ligne sur le site des enchères pour recevoir un agrément électronique qui leur permet de présenter leurs offres lors de la vente.

_ 4) La vente dure 48 h, au cours desquelles les offres sont visibles en temps réel pour le vendeur et les participants aux enchères.
5) Le vendeur retient l’offre qui lui convient, et qui n’est pas forcément la plus élevée. Le processus de la vente suit alors le processus traditionnel.

Les avantages de la VNI pour le vendeur :
- Rapidité des procédures ;

- Transparence, notamment aux yeux de l’administration fiscale ;
- Large publicité sur le site des enchères immobilier.notaires.fr, sur les sites partenaires (seloger.com, explorimmo.com), ainsi que sur des supports plus traditionnels ( journaux locaux, …).

Qui a intérêt à y recourir ? Des particuliers dans le cas d’un partage difficile, tel que des époux après un divorce, ou des héritiers, ou bien lorsque la rapidité de réalisation de la vente est le critère principal pour un besoin d’argent urgent ; des situations qui requièrent une parfaite transparence, comme la vente de son patrimoine privé par une collectivité locale, la mise en vente de dons ou de legs par des associations et des établissements publics ou encore la vente de biens par des généalogistes en qualité de représentants des héritiers.

Jordan Belgrave
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