Formation notariale : Jean Quintard, nouveau président de l’INFN, répond à nos questions.

Jean Quintard a été nommé président du conseil d’administration de l’Institut National de Formation Notariale (INFN) par arrêté publié le 24 avril 2020. Il répond aux questions du Village des Notaires sur les priorités qu’il veut donner à son mandat dans ce contexte de crise épidémique, et sur l’évolution de la formation des notaires.

Votre mandat de président de l’INFN débute dans une période tout à fait exceptionnelle. Quelles sont vos priorités ? Quelles sont les mesures mises en place pour assurer la continuité de l’enseignement ?

La période inédite que nous traversons est source de difficultés majeures, certes pour l’INFN, mais plus largement pour le notariat et notre société toute entière.
Il nous faut donc nous adapter, et les actions et démarches d’ores et déjà entreprises s’inscrivent dans cette perspective.

La priorité de l’INFN reste bien entendu d’assurer la continuité de l’enseignement pour les étudiants de l’ensemble de nos filières, tant collaborateurs que futurs notaires.
La caractère national de notre établissement nous permet une réactivité et une adaptation immédiate sur tout le territoire.

L’ensemble des collaborateurs et enseignants, au siège comme sur les 17 sites d’enseignement, se sont mobilisés dès le 16 mars, pour organiser des enseignements de substitution. Outre la diffusion de supports de cours, de cas pratiques, des enseignements comme des épreuves de contrôle continu ont été organisés en visioconférence.

« Nous poursuivons le travail sur la fusion des deux voies de formation initiale au sein d’une voie unique. »

En dépit de ces circonstances exceptionnelles, nous poursuivons bien sûr le travail sur un chantier majeur de la formation notariale à savoir la fusion des deux voies de formation initiale des futurs notaires (voie universitaire et voie professionnelle) au sein d’une voie unique de formation.

Compte tenu des difficultés économiques qui impactent l’ensemble des études, et qui pourraient entraîner la disparition de certaines d’entre elles, ne craignez-vous pas à terme une déconnexion de certains territoires avec la profession de notaire ?

Il ne m’appartient pas de me prononcer sur des sujets touchant à la gestion de la profession, de son maillage géographique, et apporter des réponses aux difficultés susceptibles d’être créées par les conséquences de l’état d’urgence sanitaire. Je laisse au Conseil supérieur du notariat le soin de répondre à vos interrogations.

Je puis seulement vous indiquer que tous les notaires pourront trouver auprès de l’INFN, pour leurs collaborateurs comme pour eux-mêmes, les modules de formation que les circonstances sembleraient imposer.

De quelle manière la formation notariale doit- elle s’adapter pour faire face à la montée en puissance des outils numériques dans nos rapports, favorisée depuis l’émergence de l’épidémie ? Quelle place pour l’humain ?

Notre réflexion sur l’introduction des outils numériques dans les dispositifs de formation proposées par l’INFN n’est pas née de la crise sanitaire que nous traversons.

« Le contact humain, surtout dans le cadre d’une formation professionnelle, est essentiel à préserver. »

Néanmoins – ainsi que je le précisais précédemment – il nous a fallu réagir rapidement et la mise en place de certains outils, comme la visioconférence, a très certainement été accélérée. Outre la nécessaire réponse à des situations de crise, l’enseignement à distance, s’il peut constituer un complément intéressant aux enseignements dispensés dans nos locaux, ne saurait écarter les cours en face à face.

Le contact humain, les échanges entre les étudiants et leurs enseignants, surtout dans le cadre d’une formation professionnelle, est essentiel à préserver.


Par arrêté de la ministre de la justice, en date du 17 avril 2020, M. Jean Quintard, avocat général à la Cour de cassation, a été nommé en qualité de membre titulaire au conseil d’administration de l’Institut national des formations notariales, en qualité de président, en remplacement de M. Jean Richard de la Tour, premier avocat général à la Cour de cassation, démissionnaire.

Propos recueillis par Simon Brenot
pour la rédaction du Village des Notaires

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