Débuter une généalogie.

Retrouver l’histoire de sa famille, c’est tentant. Mais on craint parfois de se lancer dans une aventure impossible, ou bien trop longue. En fait, comme l’assure le dicton, il n’y a que le premier pas qui coûte, car les résultats sont toujours passionnants… Alors, comment faire ? Par quoi débuter ?

On entend parfois dire : « C’est compliqué, il faut se déplacer dans les mairies… » ou bien : « J’habite trop loin de la région de mes ancêtres » … Pas besoin d’aller bien loin pourtant : la première étape de recherche se déroule chez vous !

Retrouver les papiers de famille

La première étape d’une généalogie consiste à rassembler tous les documents qui peuvent servir à l’histoire de la famille. On peut les chercher chez soi, chez ses parents, dans le grenier de la maison de famille ou bien même chez le grand-oncle réputé pour n’avoir jamais rien jeté ! Ces papiers sont de deux sortes : ceux qui vont vous donner des dates et des lieux précis de naissance, mariage ou décès et ceux qui vont vous apporter des éléments sur le quotidien de vos aïeux.

Les papiers qui datent…

Vous avez tous vu des arbres généalogiques : ils donnent, génération après génération, des noms, des dates, des lieux. Ils constituent l’ossature de l’histoire familiale. On ne peut raconter la vie de quelqu’un sans déjà connaître son état civil précis. Ces informations de base, vous pouvez les retrouver chez vous dans de nombreux documents :
- des extraits ou des copies d’actes d’état civil ;
- d’anciennes cartes d’identité ou des passeports ;
- des livrets de famille ; ils ne sont apparus qu’en 1877 mais ils sont particulièrement précieux, car ils sont remis à chaque mariage et vous donnent les noms des parents des deux époux. Ils sont souvent conservés par les générations successives.

Tous ces documents vous permettent de retrouver des prénoms et des noms précis, y compris par exemple le nom de jeune fille oublié des arrière-grands-mères, des dates aussi. Grâce à eux, vous pourrez compléter les premières cases de votre arbre.

Les papiers qui racontent…

D’autres documents vous apportent en même temps une moisson d’informations biographiques :
- les livrets militaires, car ils donnent non seulement l’état civil mais aussi le descriptif physique, les affectations, les guerres, les blessures, les décorations éventuelles…
- les faire-part, qui mentionnent des dates, parfois des lieux, de communions, mariages ou décès. Dans ce dernier cas, tous les membres de la famille proche sont en général cités, selon leur rang de parenté ;
- les actes notariés : contrat de mariage, ventes ou achats de biens, successions... Autant d’éléments qui vont vous donner à la fois l’état civil et un état (ou une évolution) du patrimoine d’une personne précise ;
- les décorations. Parfois accompagnées d’un document qui précise les conditions d’attribution, elles constituent une information précieuse sur leur titulaire ;
- les photos, qui vous montrent le bébé, le jeune homme, l’adulte, le vieillard… un panorama visuel d’un ancêtre dont vous aviez peut-être oublié le visage ;
- les correspondances. Lettres ou cartes postales vous donnent quantité d’informations sur le niveau d’étude et d’écriture de votre aïeul, sur ses centres d’intérêt, sur ses relations avec les autres membres de la famille… N’hésitez pas à sortir les cartes des albums anciens pour vous intéresser au verso plutôt qu’au recto !
- des journaux intimes. Rien ne peut bien sûr vous rapprocher davantage de leur auteur. Mais il est rare de les retrouver : ils ont souvent été détruits sur le tard par celui qui les avait écrits.

Les papiers qui témoignent d’une époque…

Dans les tiroirs du grand-père, dans le grenier de la maison de famille, vous pouvez aussi trouver des éléments qui traduisent une époque et ne vous donnent que des informations plus indirectes sur votre ancêtre. Ils sont si nombreux qu’aucune liste ne peut être exhaustive, et ils sont à analyser au cas par cas :
- des tickets de rationnement de la seconde guerre mondiale ;
- des cahiers d’écoliers ;
- des manuels du siècle dernier avec parfois des annotations ;
- des images pieuses ;
- des livres de compte, des factures, des documents d’assurance, des papiers administratifs ou bancaires…

Ne jetez pas tous ces documents. Froissés, pliés, imprimés sur des papiers inhabituels aujourd’hui, ils sont le reflet d’une décennie, d’une génération… Si vous rédigez un jour un livre de famille, vous pourrez les utiliser comme illustration.

Conseil :
Si tous ces documents sont chez des grands-parents ou un grand-oncle, ils ne voudront pas s’en séparer facilement, même si vous promettez de les photocopier et de les rendre. Prenez-les plutôt en photo. À l’ère du numérique, c’est très facile !

Info :
C’est avec l’apparition du livret de famille en 1877 que se fige l’orthographe des noms de famille, car un même document est désormais produit à chaque nouvel acte d’état civil. Auparavant, vous pouviez écrire votre nom comme bon vous semblait et, si vous ne saviez pas écrire, c’était le curé ou le maire qui le transcrivait comme il l’entendait…

Article initialement paru dans le Journal du Village des Notaires n°61

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