Comment faire pour… numéroter ses ancêtres ?

Avec l’avancement de vos recherches, le nombre des ancêtres que vous aurez découverts deviendra si important que la nécessité de les numéroter s’imposera rapidement. En ce qui concerne les ancêtres, cette numérotation est d’autant plus facile que nous avons tous 2 parents, 4 grands-parents, 8 arrière-grands-parents, etc. De sorte que le système qui s’est imposé et qui est presque universellement utilisé repose sur cette progression mathématique.

D’abord utilisée par l’Espagnol Jérôme de Sosa, puis vulgarisée par l’Allemand Stephan Kekule von Stradonitz, la méthode de numérotation dite « Sosa-Stradonitz », consiste à attribuer le n°1 à la personne dont on veut numéroter les ancêtres – soi-même en général, sinon appelé de cujus. Les numéros suivants se déduisent en multipliant par 2 pour obtenir celui du père et en ajoutant 1 à celui du père pour déterminer celui de la mère.

Ainsi, partant du n°1, son père aura 1x 2 = 2, sa mère 2 + 1 = 3.
À la génération suivante, le grand-père paternel aura 2 x 2 = 4 et la grand-mère paternelle 4 + 1 = 5, le grand-père maternel 3 x 2 = 6 et la grand-mère maternelle 6 + 1 = 7.
Ainsi les pères auront toujours des numéros pairs et les mères des numéros impairs. Cette particularité permettra quelquefois d’éviter des erreurs, risque qui n’existe pas avec les logiciels qui utilisent tous cette méthode.
C’est aussi cette numérotation qui apparaît sur les tableaux et arbres généalogiques vendus dans le commerce. Elle présente en outre l’avantage de toujours permettre d’attribuer des numéros aux ancêtres au fur et à mesure de leur identification, puisque ceux-ci découlent toujours de celui de leur enfant, même si d’autres ascendances restent provisoirement ou définitivement inconnues.

Cette numérotation est si connue que bien des généalogistes disent « mon ancêtre Sosa n°x » pour désigner celui qui porte le n°x selon cette méthode.

Son inconvénient majeur est de ne pas faire apparaître clairement les générations, à moins d’être particulièrement doué pour le calcul mental. Comment voir, en effet, que l’ancêtre portant le n°437 appartient à la 9e génération ? De plus les numéros deviennent rapidement trop longs pour être facilement mémorisés.
Ces inconvénients restent cependant mineurs par rapport à ses nombreux avantages.

L’implexe ou le problème des mariages entre cousins

Si, de nos jours, il est rare de naître, se marier et décéder dans le même lieu, cela était la règle pour le plus grand nombre de nos ancêtres. Nous découvrons même que des branches entières de notre ascendance ont vécu pendant plusieurs générations dans un même lieu et un même milieu social, en ne fréquentant qu’un nombre réduit d’autres familles avec lesquelles elles contractaient inévitablement de multiples alliances. Après quelques générations, les mariages se faisaient entre personnes qui étaient déjà apparentées… et nous retrouvons ainsi plusieurs fois les mêmes personnes dans notre ascendance.

Pour mesurer ce degré de cousinage, les généalogistes utilisent un rapport mathématique appelé implexe qui consiste à comparer
le nombre d’ancêtres réels à leur nombre théorique s’il n’y avait eu aucun cousinage.
Si, à une génération donnée, tous les ancêtres sont différents, les nombres réel et théorique sont égaux et le rapport est égal à 1. Mais, lorsque des cousinages apparaissent, le nombre d’ancêtres réels devient inférieur à celui des ancêtres théoriques et le rapport d’implexe est inférieur à 1.
Il sera alors d’autant plus faible que nos ancêtres se seront plus souvent mariés entre cousins.

C’est le cas lorsque ceux-ci ont fait partie d’un groupe social restreint : village isolé, minorité sociale ou religieuse, etc.
Toutefois, c’est en général dans les familles royales que les rapports d’implexe les plus faibles se rencontrent puisque leurs membres ne devaient s’allier qu’avec des personnes issues de familles de même rang.
La numérotation Sosa-Stradonitz se révèle également adaptée à cette situation. Les ancêtres apparaissant plusieurs fois auront chaque fois un numéro différent. Il suffira alors de renvoyer au numéro le plus faible pour éviter de recopier plusieurs fois les mêmes indications.

En supposant, par exemple, que les parents du n°1 ont en commun leurs arrière-grands-parents paternels, c’est-à-dire qu’ils sont cousins issus de germain, les nos 8 et 9 et les nos 12 et 13 seront identiques.

L’implexe à la 4e génération sera :

Dans la numérotation de l’ascendance, au lieu de reproduire en 12 et 13 les indications déjà notées pour les nos 8 et 9, nous inscrirons : 12 = 8 et 13 = 9.

Article initialement publié dans le Journal du Village des Notaires n°65

Partager cet article sur vos réseaux sociaux :