Bretagne et Normandie : le goût du grand large.

Découvrir la Bretagne et la Normandie, c’est se plonger dans un littoral foisonnant de falaises, d’archipels et de paysages oniriques, dans une histoire et une mythologie qui remontent aux Celtes et aux invasions Vikings, et dans des gastronomies réjouissantes qui ont construit nos imaginaires...alors, pourquoi attendre ?

Un tour de la Bretagne par la terre

Comment mieux débuter l’aventure que par Rennes, porte d’entrée, ancienne capitale du Duché de Bretagne et, qui plus est, une grande ville surprenante par la qualité de vie qu’elle offre. Découvrez son très beau centre-ville avec ses rues piétonnes et ses maisons à colombages du 17ème siècle. Lorsque vous quitterez Rennes pour vous diriger vers le Morbihan, ne manquez pas de vous arrêter en forêt de Brocéliande, pour goûter à ce pays de contes et de légendes et vous promener entre le tombeau de Merlin, le Val sans retour, la Fontaine de jouvence et le Miroir aux fées.

En arrivant dans le Morbihan, vous rencontrerez Vannes, son cœur médiéval avec des constructions des 15ème et 16ème siècles, et un site d’autant plus agréable que le golfe du Morbihan dote la ville d’un climat très clément. Une fois sur place, explorez la fortification, dont les premiers éléments furent construits par les Romains au 3ème siècle, et bien sûr renseignez-vous sur les bateaux qui partent pour les iles du golfe (cf. encadré). En continuant vers l’ouest, les tentations ne manquent pas : explorez les mystérieux alignements mégalithiques de Carnac, avec 4000 pierres levées qui en font le site de menhirs et de dolmens le plus important au monde ; ou promenez-vous sur les remparts et dans les ruelles de la ville close de Concarneau, un magnifique ilot fortifié depuis lequel la ville s’est progressivement étendue.

Quand vous ne pourrez pas aller plus loin vers l’ouest, vous serez arrivé au Cap Sizun. Prenez alors le temps de marcher sur la pointe du Raz, superbe promontoire rocheux aux allures de bout du monde, et de découvrir les deux adorables petits ports que sont Audierne, face à l’océan tempétueux, et Douarnenez, situé sur une baie plus calme en face de Crozon.

En remontant le long de la côte nord de la Bretagne, vous pourrez admirer, sur l’ile Vierge, le plus haut phare en pierre du monde, ainsi que l’étonnant viaduc situé au centre de Morlaix, qui donne à cette ville un charme absolument unique. En arrivant en Côtes-d’Armor, s’il n’y avait qu’une seule visite à faire, ce serait le paysage onirique de la côte de granit rose : la plage de Saint-Guirec avec son oratoire marin, le phare de Ploumanach (en granit rose, ça va de soi), et des villages tous plus jolis les uns que les autres. S’il vous reste du temps, faites ensuite escale au merveilleux petit port de Binic et dans la vieille ville de Dinan.
En retournant en Ille-et-Vilaine, vous trouverez deux très jolies destinations de bord de mer l’une en face de l’autre. À droite de l’embouchure du fleuve côtier de la Rance, découvrez Dinard, la ville chic au charme Belle Époque. De l’autre côté du fleuve, explorez Saint-Malo, sa vieille ville, ses remparts, la cathédrale Saint-Vincent, ses forts et ses maisons d’époque, aventurez-vous ensuite à la découverte des rochers sculptés de l’abbé Fauré puis des malouinières, ces maisons typiques disséminées le long de la côte et construites par des armateurs aux 17ème et 18ème siècles.

Et s’il n’y avait que les iles

Pour qui voudrait explorer les iles bretonnes, les plus douces sont certainement celles du golfe du Morbihan – l’ile aux Moines, l’ile d’Arz – car leur climat est particulièrement agréable. Mais toutes les iles bretonnes ont des attraits uniques. Comment résister au charme de Belle-Ile-en-Mer, avec les aiguilles de Port-Coton et la pointe des Poulains ? En continuant vers l’ouest, vous trouverez, au large de Lorient, l’ile de Groix, dont on dit « qui voit Groix voit sa joie », puis, devant Concarneau, l’archipel des Glénan, lieu idéal pour s’initier à la navigation en voilier et à la plongée sous-marine. Au bout du bout du Finistère, Ouessant, pointe avancée du territoire métropolitain et un endroit magique où randonner entre moutons nains et côtes escarpées. Vers le nord du Finistère, Batz est une jolie escale où le jardin botanique recèle des merveilles grâce au microclimat insulaire. Arrivé dans les Côtes-d’Armor, faites une escale en face de la côte de granit rose, dans l’archipel des Sept-Iles, qui est fameux pour la réserve ornithologique où viennent se nicher des colonies de macareux moine, de puffins des Anglais et de pingouins Torda, et de fous de Bassan, le plus grand oiseau de mer français. Enfin, plus à l’est, en face de Paimpol, l’ile de Bréhat est un havre de paix à découvrir en prenant son temps.

Les galettes, les crêpes, et les autres

Les éternels, et délicieuses, crêpes et galettes s’accompagnent fort bien d’une bolée de cidre ou de lait ribot, mais la cuisine bretonne a également d’autres cordes à son arc. Découvrez les maquereaux au cidre à la rennaise, les darnes de saumon au miel de Bretagne, ou bien la cotriade, une spécialité du sud-Bretagne qui se rapproche de la bouillabaisse par ses ingrédients et sa cuisson. Si vous passez par Vitré (35), vous pourrez gouter la Roulade Sévigné, une pintade fermière farcie de champignons de Paris, de cerneaux de noix, et de pommes reinette ; lorsque vous serez à Rennes, goutez ce gâteau à base d’amandes, de pommes et de cidre que l’on appelle le Parlementin.

Des nuits insolites en haut d’un phare ou sur une ile déserte

Devenez le gardien du phare de l’ile Louët, un ilot de la baie de Morlaix à proximité du célèbre château du Taureau, le Fort Boyard breton. Ou bien emménagez dans le phare de Kerbel à Port-Louis (56) et profitez du haut de ses 25 mètres d’une vue extraordinaire sur la baie de Quiberon, la citadelle de Port-Louis et son petit port. Si, plus simplement, vous souhaitez profiter de la tranquillité d’une ile déserte, rejoignez à marée basse Milliau, que l’on aperçoit sur la côte de granit rose au large de Trébeurden (22). À marée haute, vous serez complètement isolé du continent, avec la possibilité de vous réfugier dans un des gîtes dédiés aux robinsons volontaires.

NORMANDIE

Des villes et des villages à croquer

La star normande, c’est bien entendu le Mont Saint Michel, son abbaye, ses remparts, et ses prodigieuses marées. Mais la Normandie a bien d’autres merveilles à vous offrir. Surnommée par Stendhal « l’Athènes du genre gothique », Rouen est une ville qui regorge de cadeaux pour l’amateur d’art et d’histoire : un centre-ville ancien en très bel état, notamment sur la rive droite, et un patrimoine religieux foisonnant, à commencer par la cathédrale immortalisée dans la série de tableaux de Monet. L’autre capitale, Caen, a également quelques bijoux à montrer, comme ses deux abbayes et son château, tous trois fondés par Guillaume le Conquérant. Une visite des sites religieux normands ne saurait passer à côté de Lisieux, où ceux qui connaissent la figure de Sainte-Thérèse de Lisieux pourront aller admirer autant le Carmel où elle a vécu que la basilique construite en son honneur.

Pour qui s’intéresse davantage à l’histoire récente, la Normandie est le lieu idéal pour visiter les lieux de mémoire de la Seconde Guerre mondiale, à commencer par les plages du débarquement, ainsi que Sainte-Mère-Église, célèbre pour les parachutistes américains qui y ont atterri dans la nuit du 5 juin 1944 ; ou bien les vestiges du « mur de l’Atlantique », qui sont remarquablement bien conservés, tel le blockhaus de la Pointe du Hoc à Criqueville-en-Bessin ou la batterie de Longues-sur-Mer.

À l’ouest de la région, la côte du Cotentin est à elle seule un trésor de sites tous plus attirants les uns que les autres : au sud-ouest, Granville sur son promontoire, et l’archipel de Chausey avec ses iles de granite, plus au nord, le Nez de Jobourg avec ses falaises monumentales et le charmant petit port de pêche de Barfleur, et plus vers l’est, les marais du Cotentin.

La Normandie compte aussi de merveilleux espaces naturels protégés, notamment autour des boucles de la Seine et des forêts du Perche, et de belles petites régions qui bénéficient de la douceur du climat, telles que la « Suisse Normande », région de collines et de rivières autour de Thury-Harcourt, ou le grand jardin littoral du val de Saire, territoire maraîcher et picturesque.

Bien sûr, sa charcuterie – Andouille de Vire, Andouillette d’Alençon – est appréciée par toute la France et au-delà. Évidemment, ses viandes – agneau de pré-salé, volailles de Normandie, veau fermier nourri au lait entier – et ses préparations, comme les pieds de moutons à la rouennaise ou les tripes à la mode de Caen ravissent les amateurs. Mais ce qui fait la grandeur de la cuisine normande, c’est sa crèmerie, qui se décline ici au pluriel : les beurres de Normandie, les crèmes de Normandie et naturellement tous les fromages de Normandie, dont les quatre plus renommés sont le Livarot, le Pont-l’évêque, le Neufchatel, et enfin le plus connu d’entre eux, le Camembert. À partir d’une telle richesse, tout devient possible : tarte au camembert, feuilleté d’andouille de Vire au camembert, boudin à la crème et au calvados.
Une des grandes qualités de la cuisine normande, c’est d’avoir su finement intégrer à sa cuisine ses alcools locaux : le calvados (le fameux « calva »), le poiré, le pommeau, la bénédictine. C’est ainsi que la fondue normande, mélange de camembert, de pont-l’évêque, de livarot et de crème fraîche, se prépare avec du calva puis est arrosée de cidre sec ; et la bénédictine, la liqueur aux 27 épices, vient autant relever le goût des crêpes que des truffes ou des soufflés.

Pour ne rien lui enlever, la gastronomie normande est de surcroît un rêve pour tout amoureux des plaisirs sucrés. Ses desserts offrent d’innombrables variations sur le thème « Pomme, Beurre, Œuf, Calva » avec option crème fraîche et caramel : terrine normande, soufflé normand, croûtes normandes (sur une base de brioche), omelette vallée d’Auge, bourdelot (et son cousin à la poire, le douillon), en plus des tartes comme le brandon ou la célébrissime tarte aux pommes normande. Ici, le pain perdu est flambé au pommeau, et chaque ville offre un festival de sablés, de brioches, de mirlitons, et de macarons ; avec en outre des spécialités plus inattendues qui savent toujours emporter l’adhésion, comme les pommes au camembert, ou la teurgoule, ce riz au lait aromatisé à la cannelle que l’on déguste avec une brioche dénommée la fallue.

Le pays de l’impressionnisme

La plupart des lieux qui ont inspiré ce courant artistique et ses hérauts se trouvent en Normandie. À commencer bien sûr par Giverny, dans l’Eure, où Monet a peint la célèbre série des Nymphéas, en passant par les peintures réalisées sur les bords de la Seine et de l’Epte. Nombreux sont les villes et villages normands qui ont su, par leur charme, susciter l’inspiration de cette avant-garde :
Honfleur en particulier, dont l’estuaire de la Seine, les quais et les bassins, l’église Sainte-Catherine, les vieilles rues, et tant d’autres sites encore sont représentés dans les peintures de Boudin, Monet ou Jongkind ; mais également Rouen, dont la cathédrale, le port et les nouveaux quartiers ouvriers ont trouvé leur place dans les toiles impressionnistes, ainsi qu’Étretat, où Monet et Caillebotte surent trouver l’inspiration, ou encore Dieppe et le Havre, dont les ports ont été magnifiquement immortalisés par Pissarro.

Jordan Belgrave

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